DVF Etalab : le fichier des valeurs foncières qui ouvre les données immobilières en France

La base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) est un jeu de données public regroupant toutes les transactions immobilières enregistrées par l’administration fiscale sur les cinq dernières années (et plus) en France, à l’exception de certaines zones spécifiques. Mis à disposition en open data depuis 2019 par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) dans un objectif de transparence des marchés immobiliers, ce fichier permet de connaître les prix de vente réels des biens immobiliers. La mission Etalab, chargée de l’ouverture des données publiques, joue un rôle clé dans la diffusion de DVF en facilitant son accès via la plateforme data.gouv.fr et une application cartographique dédiée. Dès son lancement, cette initiative a rencontré un succès massif avec plus d’un million de visites en deux semaines sur l’application web DVF, preuve de l’intérêt du public pour ces informations autrefois confidentielles.

Qu’est-ce que le fichier DVF (Demande de Valeur Foncière) ?

Le fichier DVF est une base de données gouvernementale listant l’ensemble des mutations immobilières à titre onéreux (ventes, échanges, adjudications, etc.) enregistrées en France sur une période glissante d’environ cinq ans. Concrètement, il s’agit de toutes les ventes de biens immobiliers (maisons, appartements, terrains…) intervenues depuis 2014 sur le territoire national (métropole et DOM), à l’exception de l’Alsace, de la Moselle et de Mayotte. Ces départements ne sont pas couverts car ils disposent d’un système foncier à part (le livre foncier d’Alsace-Moselle dont les données ne sont pas encore ouvertes). Les informations du DVF proviennent directement des actes notariés enregistrés par les services de la publicité foncière, croisés avec les données du cadastre (références des parcelles, descriptif des propriétés).

DVF a été rendu public suite à un décret de décembre 2018 et figure depuis avril 2019 sur le portail data.gouv.fr. Auparavant, l’accès à ces données était très restreint : seuls les particuliers justifiant d’un motif fiscal pouvaient consulter quelques transactions via l’outil PATRIM de la DGFiP, et les professionnels s’appuyaient sur des bases privées des notaires. L’ouverture de DVF a donc démocratisé l’accès aux données foncières, répondant à un objectif de transparence et d’égalité d’information entre tous les acteurs.

Le rôle d’Etalab dans la mise à disposition de ces données

Etalab est le département de l’État chargé de l’open data et de la plateforme data.gouv.fr. À ce titre, Etalab assure la diffusion du fichier DVF pour le grand public, en partenariat avec la DGFiP. Concrètement, la mission Etalab a non seulement publié les données brutes sur le portail officiel, mais elle a aussi développé une application web interactive pour les exploiter facilement. Cette application (accessible à l’adresse app.dvf.etalab.gouv.fr) permet de visualiser sur une carte l’ensemble des ventes immobilières récentes, en naviguant par département, commune, puis section cadastrale. L’utilisateur peut y consulter pour chaque transaction la date de vente, le prix (valeur foncière), le type de bien, la surface, etc., sans avoir à manipuler de fichiers.

En proposant cette interface grand public, Etalab a considérablement élargi l’audience des données DVF. « Contre toute attente, notre application web a reçu plus d’un million de visites en moins de deux semaines … un public venu chercher des informations sur ses propres transactions, dans le cadre d’un projet immobilier, ou simplement curieux des prix pratiqués dans certains quartiers » rapporte Etalab. Ce succès a montré que la visualisation et la pédagogie autour de la donnée sont essentielles pour toucher le grand public, au-delà de la seule communauté des experts de l’open data. La diffusion de DVF par Etalab s’inscrit ainsi pleinement dans la démarche d’ouverture des données publiques et de transparence des marchés fonciers et immobiliers promue par l’État.

(À noter : l’application officielle DVF a depuis été intégrée à un nouvel explorateur de données sur data.gouv.fr, offrant une interface modernisée. Le code source du projet est ouvert sur GitHub, témoignant de l’engagement d’Etalab en faveur des logiciels libres.)

DVF Etalab

À quoi servent les données DVF ?

La base DVF est riche d’enseignements et multiplie les usages potentiels dans le domaine immobilier et l’analyse des marchés. Voici quelques exemples de ce que l’on peut faire avec ces données :

  • Analyser les prix immobiliers par secteur. En comparant les ventes récentes, on peut connaître la valeur réelle des biens dans une zone donnée (prix au m², fourchette de prix) plutôt que de se fier aux prix affichés dans les annonces.
  • Identifier les tendances du marché. DVF permet de suivre l’évolution des prix dans le temps (hausse, stagnation ou baisse par trimestre/année) et de repérer les quartiers en vogue ou au contraire en perte de vitesse. Ces tendances aident à comprendre la dynamique du marché local.
  • Estimer un bien immobilier de façon objective. Un particulier peut s’appuyer sur les transactions comparables (même secteur, même type de bien, surface similaire) pour évaluer le juste prix d’un appartement ou d’une maison avant une vente ou un achat, et ainsi éviter de surpayer ou de brader un bien.
  • Aider les professionnels de l’immobilier. Les agents immobiliers, notaires, promoteurs ou investisseurs disposent grâce à DVF de données concrètes pour affiner leurs estimations et décisions stratégiques. Par exemple, un promoteur peut analyser les ventes de terrains dans une zone pour calibrer une opération foncière, ou un investisseur repérer des secteurs à fort potentiel de plus-value.
  • Renforcer la transparence pour les collectivités et l’État. Les collectivités locales et les urbanistes utilisent également ces informations pour mieux comprendre l’évolution des valeurs foncières sur leur territoire. DVF contribue ainsi à éclairer les politiques d’urbanisme (observatoires des prix immobiliers, programmes de logement) et à garantir une meilleure transparence du marché foncier.

En résumé, la mise à disposition de DVF a ouvert un vaste champ d’analyse pour tous les acteurs : du simple particulier curieux du prix de vente de la maison voisine, jusqu’au data analyst étudiant les tendances immobilières à l’échelle nationale. Cette démocratisation de l’information participe à un marché plus fluide et éclairé.

Comment accéder gratuitement aux données DVF ?

L’accès aux données DVF est entièrement gratuit et ouvert à tous. Il existe deux façons principales de consulter ces informations :

  • Télécharger les fichiers DVF bruts sur le portail officiel data.gouv.fr. Les données sont publiées sous forme de fichiers texte (format CSV) par semestre et par année, mis à jour deux fois par an (fin avril et fin octobre). Chaque nouvelle publication intègre les transactions jusqu’à la fin du semestre précédent, couvrant aujourd’hui les ventes de 2014 à nos jours. L’ensemble est volumineux (plusieurs centaines de mégaoctets, des millions de lignes) et nécessite des outils adaptés (logiciels de data, SIG, etc.) pour être exploité. Une notice explicative et des documents d’accompagnement sont fournis pour comprendre la structure des fichiers.
  • Consulter la carte interactive DVF proposée par Etalab. Sans avoir à manipuler de base de données, on peut se rendre sur l’interface web (app.dvf.etalab.gouv.fr) et naviguer directement sur une carte de France pour explorer visuellement les ventes immobilières. Il suffit de zoomer ou de rechercher une commune, puis de cliquer sur une zone pour voir la liste des transactions locales (avec leurs prix et caractéristiques). Cette approche conviviale est idéale pour un particulier qui souhaite, par exemple, connaître le prix au m² pratiqué dans son quartier, ou pour un professionnel en quête de comparables sans installer de logiciel.

En complément, de nombreux développeurs et entrepreneurs ont créé des outils en ligne exploitant DVF (voir plus bas), parfois avec des fonctionnalités avancées (recherche par adresse, filtres par type de bien, graphiques d’évolution…) dépassant l’outil officiel. À noter que les données DVF sont sous Licence Ouverte Etalab 2.0, ce qui autorise leur réutilisation libre à condition de citer la source, tout en respectant les restrictions de confidentialité (pas de ré-identification des personnes, etc.).

Comment interpréter les données DVF ? Principales notions et champs clés

Le fichier DVF comporte pour chaque transaction immobilière une série de champs descriptifs. Pour bien utiliser ces données, il convient de comprendre quelques notions clés :

Mutation (immobilière) à titre onéreux

Dans DVF, chaque enregistrement correspond à une mutation, c’est-à-dire un transfert de propriété immobilière (un bien qui change de propriétaire). Le terme mutation à titre onéreux signifie qu’il s’agit de transactions impliquant une contrepartie financière (vente classique, adjudication, etc.), par opposition aux mutations à titre gratuit que sont les donations ou successions. Autrement dit, DVF recense essentiellement les ventes immobilières. Chaque acte notarié de vente peut comprendre une ou plusieurs mutations (on parle aussi de dispositions lorsqu’un même acte comporte plusieurs lots vendus séparément). Dans le fichier, ces cas complexes apparaissent sous forme de plusieurs lignes pour une même vente, le prix étant alors répété sur chaque ligne concernée – il faut en tenir compte pour éviter de faussement cumuler des montants en traitant les données.

Valeur foncière

La valeur foncière est le prix de vente du bien immobilier tel que déclaré dans l’acte notarié. Il s’agit du prix net vendeur, c’est-à-dire hors frais d’agence immobilière et hors frais de notaire. Par exemple, si l’acquéreur a payé des honoraires d’agence en sus, ceux-ci ne sont pas inclus dans la valeur indiquée. De même, les éventuels meubles vendus avec le logement (cuisine équipée, etc.) sont exclus du montant déclaré. En revanche, la TVA (pour les ventes neuves assujetties) est incluse dans ce prix. La valeur foncière donne donc le montant réel de la transaction immobilière, et sert notamment de base pour le calcul des droits de mutation (taxes de notaire). C’est l’un des champs les plus consultés, car il permet de comparer directement les prix de ventes entre biens.

Surface

Plusieurs notions de surface sont présentes dans DVF. Le champ principal affiché dans l’application correspond à la surface réelle bâtie du bien, exprimée en mètres carrés. Il s’agit en général de la surface habitable du logement (pour une maison ou un appartement). À ne pas confondre avec la surface « Carrez » des lots de copropriété, également prévue dans le fichier mais souvent non renseignée ou non exploitable (la FAQ Etalab précise que la surface Carrez, lorsqu’elle figure, l’est de façon sporadique et sans valeur légale dans DVF). Pour les terrains non bâtis, une autre colonne indique la surface du terrain en m². En résumé :

  • Surface réelle bâtie : surface du bâti (maison, appartement…) en m², généralement la surface habitable.
  • Surface terrain : superficie du terrain rattaché, en m² (notamment pour les parcelles vendues, terrains à bâtir, jardins…).
  • Surface Carrez : surface privative « loi Carrez » pour les lots de copropriété, rarement remplie dans DVF.

Ces informations de surface permettent, en conjonction avec le prix, de calculer des prix au mètre carré et de comparer des biens entre eux. Attention, DVF ne fournit pas d’indication sur d’éventuelles surfaces annexes (balcons, caves) ni sur la qualité intérieure du bien, ce qui peut expliquer des écarts de valorisation entre deux surfaces identiques (voir limites ci-dessous).

Code type local

Le champ code type local décrit la catégorie de bien concernée par la transaction. Il s’agit d’un code numérique allant de 1 à 4, correspondant à :

Code type localType de bien
1Maison (individuelle)
2Appartement (logement en immeuble collectif)
3Dépendance (isolée) – ex : garage, remise
4Local industriel, commercial ou assimilé

Dans le fichier DVF, chaque ligne comporte ce code et, le cas échéant, la désignation textuelle du type de local (maison, appartement, etc.). Grâce à cet indicateur, on peut filtrer ou distinguer les transactions selon la nature de bien vendu. Par exemple, une recherche sur un secteur donné peut être limitée aux maisons individuelles seulement (code 1) pour dissocier le marché des maisons de celui des appartements.

Il existe bien d’autres champs dans DVF (date de mutation, nature de mutation, nombre de lots, référence de parcelle cadastrale, etc.), mais les notions ci-dessus sont parmi les plus essentielles pour tirer parti des données. Une lecture attentive de la notice descriptive officielle fournie par la DGFiP est recommandée pour les utilisateurs avançés, afin de bien comprendre la structuration en 43 colonnes du fichier source et d’éviter les erreurs d’interprétation.

Les limites des données DVF à connaître

Bien que très précieuse, la base DVF présente des limites et ne doit pas être utilisée sans garder à l’esprit certaines précautions :

  • Périmètre géographique incomplet : comme indiqué plus haut, DVF n’inclut pas les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Moselle ni Mayotte, en raison de particularités juridiques locales. Les transactions réalisées dans ces zones ne figurent donc pas dans le fichier, ce qui crée un manque de données pour l’est de la France (ancienne Alsace-Moselle) et Mayotte.
  • Certaines ventes exclues : DVF recense uniquement les mutations à titre onéreux, ce qui signifie que les transactions sans contrepartie financière n’y figurent pas. Par exemple, les ventes en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement, c’est-à-dire les ventes de logements neufs sur plan) ne sont pas présentes dans la base. De même, les mutations gratuites comme les donations, successions ou transferts de biens familiaux sont exclues. Il en va de même pour d’autres cas particuliers (ventes de parts de sociétés immobilières, etc.) qui ne passent pas par un acte de vente classique. Par conséquent, DVF ne couvre pas 100 % des mutations immobilières possibles, mais bien la quasi-totalité des ventes courantes du marché.
  • Données partielles sur les biens : le fichier ne fournit que des informations factuelles et cadastrales sur les propriétés vendues. On n’y trouve aucune indication sur la qualité ou l’état du bien, ni des renseignements tels que l’étage d’un appartement, la présence d’un ascenseur, l’état du bâti ou les aménagements intérieurs. Deux logements de même type et de même surface peuvent donc apparaître à des prix très différents dans DVF, sans que l’on puisse savoir si l’un était entièrement rénové ou mieux situé que l’autre. Pour une évaluation fine, il est nécessaire de compléter avec d’autres sources (diagnostics, descriptions d’annonces, etc.).
  • Mise à jour semestrielle avec délai : les données DVF ne sont pas en temps réel. Un certain délai existe entre la réalisation d’une vente et son apparition dans la base publique. En pratique, les actes notariés sont transmis à l’administration dans le mois qui suit la signature, puis intégrés lors des mises à jour d’avril ou d’octobre. Ainsi, il peut s’écouler plusieurs mois avant qu’une transaction récente n’apparaisse dans DVF. Lorsqu’on analyse le marché actuel, il faut garder à l’esprit que les données disponibles ont un léger retard (par exemple, début 2026, les dernières ventes intégrées sont celles jusqu’au milieu de l’année 2025). Ce décalage peut atténuer la perception des tendances très récentes.
  • Complexité d’exploitation brute : enfin, DVF brut est un ensemble de fichiers massifs et techniques (format texte, données codées), qui peut être difficile à exploiter pour un néophyte. Sans compétences en data ou sans outils dédiés, il est ardu de filtrer, croiser ou cartographier directement ces millions de lignes. C’est pourquoi l’usage d’outils spécialisés ou de versions enrichies (telles que le modèle DVF+ développé par le Cerema) peut s’avérer utile pour des analyses avancées. Néanmoins, des solutions simples existent pour le grand public via des applications en ligne (voir section suivante).
DVF Etalab

En dépit de ces limites, il est reconnu que DVF offre des données fiables et exhaustives sur les transactions immobilières courantes. C’est un progrès majeur en termes de transparence, là où auparavant les informations de prix de vente étaient difficiles d’accès. Il convient simplement d’en faire un usage éclairé et de ne pas surestimer ce que la base peut révéler à elle seule (par exemple, DVF n’indique pas si un bien s’est vendu cher parce qu’il était luxueusement rénové, il donne juste le prix et la surface).

Usages pratiques de DVF pour différents publics

DVF étant une base très polyvalente, ses usages concrets peuvent varier selon le profil des utilisateurs. Voici comment les particuliers, les investisseurs et les collectivités peuvent en tirer parti :

Pour les particuliers (acheteurs ou vendeurs)

Pour le grand public, DVF est un outil d’information immobilière précieux. Un particulier qui projette d’acheter ou de vendre un bien peut s’en servir pour :

  • Estimer la valeur de son bien ou d’un bien convoité en consultant les prix des ventes récentes de biens comparables dans le même secteur. Par exemple, connaître le prix réel des appartements de même superficie vendus dans l’immeuble ou le quartier visé aide à fixer un prix de vente cohérent ou à formuler une offre d’achat réaliste.
  • Mieux comprendre le marché local. En examinant l’historique des transactions, on peut repérer si les prix dans la commune augmentent ou baissent, identifier les quartiers plus abordables, ou évaluer la fourchette de prix au m² typique de la zone. Cela permet à un acheteur d’orienter ses recherches et à un vendeur de situer son bien par rapport au marché.
  • Négocier avec des données objectives. DVF fournit des références chiffrées difficiles à contester sur les prix réellement payés. Un acheteur pourra s’appuyer sur ces éléments pour appuyer une offre plus basse si le bien convoité est affiché trop cher par rapport aux dernières ventes comparables. Inversement, un vendeur sérieux pourra présenter à son acquéreur des exemples de ventes similaires justifiant son prix, rendant la négociation plus factuelle et sereine.

En somme, pour un particulier, la DVF permet de se mettre au niveau d’information des professionnels en connaissant les « vrais prix » du marché. C’est un gage de confiance et d’efficacité dans les transactions immobilières entre particuliers.

Pour les investisseurs et professionnels de l’immobilier

Les investisseurs immobiliers (ainsi que les agents, notaires, promoteurs…) ont rapidement intégré DVF dans leurs analyses, car la base leur offre une vision fine du marché et de précieuses données historiques. Parmi les usages courants :

  • Analyse stratégique des secteurs. Un investisseur peut étudier l’historique des ventes dans différentes villes ou quartiers pour identifier les zones attractives où la demande est forte et la valorisation en hausse. À l’inverse, DVF peut révéler des zones où les prix stagnent ou des biens qui peinent à se vendre, ce qui guide sur les secteurs à éviter ou au contraire à prospecter (logiques de « bon plan » dans des marchés moins concurrencés).
  • Évaluation de la rentabilité et du potentiel. En connaissant précisément le prix d’achat passé de biens similaires, l’investisseur peut mieux estimer sa marge de négociation et le potentiel de plus-value à la revente. Pour un projet locatif, coupler les données DVF (prix d’acquisition) avec les loyers du secteur permet de calculer des rendements réalistes. DVF aide ainsi à ne pas surpayer un bien d’investissement et à fiabiliser le business plan.
  • Repérage d’opportunités foncières. Les données DVF incluent les ventes de terrains à bâtir et de locaux, ce qui est utile pour les promoteurs ou marchands de biens en quête d’opérations. En filtrant les ventes de terrains dans une zone en développement, il est possible d’évaluer le prix du foncier local et d’anticiper les coûts d’acquisition pour un projet futur. De plus, DVF peut montrer des propriétés atypiques vendues (grands immeubles, portefeuilles de lots…), que des professionnels avertis peuvent analyser pour détecter des affaires spécifiques.
  • Suivi des tendances macro. Les grands acteurs (réseaux d’agences, fonds d’investissement) intègrent DVF dans leurs modèles pour suivre l’évolution du marché immobilier sur le plan national ou régional. La base sert de référence pour affiner des indices de prix, vérifier des estimations ou alimenter des observatoires. Un investisseur institutionnel y verra un outil pour orienter sa stratégie (par exemple, constater que telle métropole voit ses volumes de ventes baisser peut infléchir des décisions d’implantation).

Pour les professionnels, DVF est ainsi devenu un incontournable qui fournit une base factuelle à leurs études de marché. Exploiter ces données de manière avancée (via des logiciels SIG, du data mining, ou des solutions business intelligence) confère un avantage concurrentiel certain dans un secteur où l’information a longtemps été asymétrique. « Bien utilisée, [la base DVF] permet d’affiner les stratégies d’achat et de vente, d’anticiper les évolutions du marché et d’améliorer la prise de décision » souligne une analyse du secteur.

Pour les collectivités et les pouvoirs publics

Les collectivités locales, administrations et chercheurs en urbanisme tirent également profit de DVF dans une optique d’intérêt général. L’accès à ces données auparavant confidentielles est une aubaine pour :

  • Observer le marché foncier local. Les communes, intercommunalités ou régions peuvent exploiter DVF pour suivre la dynamique des prix immobiliers sur leur territoire. Par exemple, repérer une flambée des prix dans un quartier peut alerter la mairie sur un risque de gentrification ou de tension immobilière, et l’inciter à mener des politiques de logement adaptées. À l’inverse, identifier des zones où peu de ventes ont lieu ou à prix stagnants peut révéler un manque d’attractivité nécessitant des actions de revitalisation.
  • Éclairer les politiques d’urbanisme et de logement. Disposer de la cartographie précise des transactions permet aux élus et techniciens de prendre des décisions fondées sur des données objectives. Pour l’aménagement, connaître les valeurs foncières aide à estimer le coût du foncier lors de projets d’infrastructures ou d’équipements publics (expropriations, réserves foncières). Dans le domaine du logement, DVF contribue à définir des observatoires des loyers et prix, à calibrer des dispositifs d’accession sociale (par exemple en détectant les communes où les classes moyennes sont exclues du marché) ou encore à évaluer l’impact de mesures fiscales locales sur les transactions.
  • Transparence et communication. Certaines collectivités ont choisi de partager localement les données DVF avec leurs citoyens, sous forme de portails ou d’atlas interactifs, afin de rendre le marché plus lisible pour tous. Cela participe à la transparence de l’action publique et peut alimenter le débat local (par exemple, justifier un projet de PLU en montrant l’évolution des ventes, ou rassurer sur le niveau réel des prix en cas de bulle perçue). À l’échelle de l’État, l’ouverture de DVF vise également à lutter contre la fraude fiscale et le blanchiment, en rendant plus visibles des transactions atypiques ou sous-évaluées.

Au final, DVF s’impose progressivement comme un outil d’observation territoriale. Bien qu’initialement pensée pour la transparence, la base devient un support d’analyse pour orienter les politiques publiques liées au foncier et au logement. L’OCDE saluait d’ailleurs cette initiative française permettant aux collectivités et chercheurs d’accéder à une mine de données jusqu’alors réservées aux services fiscaux ou aux notaires. Cette ouverture contribue à une meilleure compréhension des phénomènes immobiliers, indispensable pour planifier des territoires plus équilibrés et prévenir certaines crises du logement.

Outils et plateformes exploitant les données DVF

Grâce à son ouverture, la base DVF a suscité l’émergence de nombreuses réutilisations et outils en ligne facilitant son exploitation. Plus d’une centaine de projets tiers sont référencés, qu’il s’agisse de simples visualisations, d’API d’accès simplifié, ou de services complets d’analyse immobilière. Voici quelques exemples notables de plateformes exploitant DVF :

  • Application officielle Etalab DVF – Mentionnée précédemment, l’application web d’Etalab (app.dvf.etalab.gouv.fr) permet une consultation interactive des ventes sur tout le territoire. C’est l’outil institutionnel de référence, gratuit et sans inscription, idéal pour une première exploration visuelle des données publiques (points de vente sur carte, détail par parcelle, etc.).
  • Immo Data – Plateforme privée française qui propose un explorateur des ventes immobilières basé sur DVF, avec des fonctionnalités avancées. Par exemple, Immo Data permet de filtrer les transactions par période, type de bien, surface ou budget, et d’afficher des statistiques (prix moyen au m², nombre de ventes) sur un secteur donné. L’interface cartographique est intuitive et gratuite d’accès, ce qui en fait un complément utile à l’outil officiel. (URL : immo-data.fr/dvf)
  • LyBox – Cet outil en ligne à destination des investisseurs intègre également la base DVF et y ajoute des fonctions orientées analyse de marché. Contrairement à l’application Etalab, LyBox offre la recherche directe par adresse, le filtrage par critère (maison/appartement, nombre de pièces, etc.) et calcule automatiquement des indicateurs comme le prix moyen au m² par quartier. C’est un exemple de réutilisation qui mise sur la donnée enrichie pour apporter de la valeur ajoutée (socio-démographie du quartier, tension locative, etc., en plus des ventes DVF). (URL : lybox.fr)
  • DVF+ / datafoncier – Initiative conjointe du ministère (DGALN) et du Cerema, le modèle DVF+ fournit une version retravaillée de la base DVF, téléchargeable sur la plateforme publique datafoncier.cerema.fr. L’objectif est de faciliter l’exploitation par des professionnels de l’urbanisme en proposant des données géolocalisées, structurées en tables liées, et en ajoutant certains enrichissements (ex. classification des terrains par usage). DVF+ se destine plutôt aux utilisateurs avancés souhaitant importer les données dans des SIG ou bases de données pour des analyses fines à grande échelle.
  • Autres exemples – Citons également des projets comme l’API DVF de C. Quest (api.cquest.org/dvf) maintenue par un contributeur open data pour interroger simplement les données par commune ou section cadastrale, ou encore des sites grand public tels que MeilleursAgents ou SeLoger qui, sans exposer directement DVF, s’en inspirent pour alimenter leurs estimations et baromètres de prix. La presse et les médias spécialisés ont également utilisé DVF pour réaliser des articles avec cartes interactives (par ex. Le Monde proposant la carte des ventes immobilières à Paris issue de DVF, etc.), preuve que la donnée s’est diffusée bien au-delà du cercle des data scientists.

DVF et Etalab ont ainsi révolutionné l’estimation immobilière en France en rendant accessible à tous une information autrefois cloisonnée. Que ce soit via les outils officiels ou les services tiers innovants, chacun peut désormais consulter l’historique des ventes de son quartier ou analyser les tendances du marché immobilier national en quelques clics. Pour aller plus loin, il est possible de télécharger librement les données brutes sur data.gouv.fr et de mener ses propres analyses – une opportunité saisie tant par les particuliers curieux que par les experts de l’immobilier.

En conclusion, la mise à disposition du fichier DVF constitue une avancée majeure pour la connaissance du marché immobilier. En quelques années, cet open data est devenu un réflexe pour estimer un bien, comprendre l’état du marché ou élaborer des politiques publiques fondées sur des faits. Bien utilisé en combinaison avec d’autres sources, DVF s’impose comme un outil incontournable, alliant pédagogie, transparence et aide à la décision dans le secteur immobilier français. Le mot-clé « DVF Etalab » symbolise aujourd’hui cette nouvelle ère de la donnée immobilière ouverte, au service de tous.

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